Remplacer ses plinthes électriques par une thermopompe : le guide complet

Chauffer aux plinthes électriques au Québec, c'est simple et fiable. C'est aussi cher. Chaque hiver, la facture d'Hydro grimpe, une pièce est trop chaude, l'autre trop froide, et l'été, il n'y a rien pour rafraîchir la maison. Si vous en êtes là, vous n'êtes pas seul : remplacer les plinthes par une thermopompe est l'un des projets qu'on réalise le plus souvent.
Ce guide rassemble tout ce qu'il faut savoir avant de faire le saut : les économies réelles, ce qu'on fait des vieilles plinthes, le bon type de système selon votre maison, le panneau électrique, les subventions et les prix. Avec des exemples tirés de nos propres chantiers.
Pourquoi vos plinthes coûtent si cher

Une plinthe électrique a un rendement de 100 %. Ça sonne bien, mais ça veut dire qu'un kilowattheure d'électricité donne exactement un kilowattheure de chaleur. Pas plus. Une thermopompe, elle, ne produit pas la chaleur : elle la déplace. Elle va chercher la chaleur qui reste dans l'air extérieur (oui, même à -20 °C, il en reste) et la transfère dans la maison. Pour chaque kilowattheure consommé, elle livre 3 à 4 kilowattheures de chaleur.
C'est toute la différence. Sur une saison de chauffage, une maison chauffée aux plinthes paie le gros prix pour chaque degré. Avec une thermopompe, la même chaleur coûte environ trois fois moins.
Et il y a le confort
Les plinthes chauffent à partir des murs extérieurs, pièce par pièce, avec un thermostat chacune. Résultat : des zones chaudes, des zones froides, et personne d'accord sur le réglage. L'été, elles ne servent à rien. Une thermopompe brasse l'air, répartit la température et climatise avec le même appareil.
C'était exactement le problème de notre client de Blainville : aucune climatisation, des plinthes qui créaient des zones chaudes et froides, et des factures excessives. Une murale Goodman G26 de 18 000 BTU a réglé les trois enjeux d'un coup.
Vous avez entendu dire que les thermopompes sont bruyantes ou fragiles? On démêle le vrai du faux ici.
Combien vous allez économiser en chauffage
Parlons chiffres. Voici ce que donne le remplacement de plinthes par une thermopompe pour trois types d'habitation, avec les tarifs résidentiels d'Hydro-Québec et une maison raisonnablement isolée. Faites défiler les fiches.
Ce sont des estimations. Votre résultat dépend de l'isolation, de la puissance choisie, de la température que vous aimez à la maison et de la part du chauffage que les plinthes continuent de faire par grand froid. Mais l'ordre de grandeur est le bon, et il se confirme chantier après chantier.

Notre client de Longueuil en avait assez de voir sa facture grimper chaque hiver. On a installé une multizone Gree Série M de 36 000 BTU avec deux têtes de 18 000. À Rawdon, un bungalow chauffé uniquement aux plinthes est passé à une murale Innovair de 18 000 BTU : chauffage uniforme l'hiver, climatisation l'été, et une facture qui a fondu comme neige au soleil.
Pour le détail des calculs par type de maison, consultez notre article sur le coût réel du chauffage avec une thermopompe.
Faut-il enlever les plinthes?
Non. On vous recommande même de les garder, et voici pourquoi.
Plus il fait froid dehors, moins il reste de chaleur à aller chercher dans l'air. La capacité d'une thermopompe baisse donc à mesure que le mercure descend. Les modèles d'ancienne génération plafonnent autour de -15 °C à -20 °C. Les modèles actuels adaptés au climat froid, comme la Québec Vair Boréal ou la Goodman G26, chauffent jusqu'à -30 °C, et certains appareils haut de gamme descendent jusqu'à -35 °C. Mais même pour eux, une nuit à -28 °C en janvier demande un coup de main.
C'est là que vos plinthes deviennent utiles. Plusieurs de nos clients les laissent branchées et réglées quelques degrés sous la consigne de la thermopompe. Elles ne partent que quand la thermopompe ne fournit plus. Le reste de l'hiver, elles dorment. Ça vous donne aussi une sécurité si un pépin survient sur l'appareil.
C'était exactement l'objectif dans ce bungalow de Saint-Jean-sur-Richelieu : faire de la thermopompe le système principal et réduire l'utilisation des plinthes au strict minimum. Le client contrôle maintenant chaque zone, et sa facture d'Hydro a baissé.
Ce qui est normal par grand froid
De la vapeur qui sort de l'unité extérieure, un sifflement, quelques minutes d'air moins chaud à l'intérieur : c'est le dégivrage, et c'est normal aux 45 à 90 minutes par temps froid. Si ça arrive aux 15 minutes ou que l'unité est prise dans la glace, c'est le temps d'appeler un technicien. Dégagez la neige autour de l'appareil et assurez-vous que le drain peut s'écouler.
Pour savoir exactement ce qui se passe à -25 °C, lisez notre article sur les thermopompes et les grands froids.
Murale, multizone ou centrale : laquelle pour remplacer vos plinthes?
Une maison chauffée aux plinthes n'a généralement pas de conduits de ventilation. Ça met de côté la thermopompe centrale classique, à moins de faire installer des conduits, ce qui est un chantier en soi. Dans la grande majorité des cas, le choix se joue donc entre deux options.
La thermopompe murale : pour l'aire ouverte

Une unité extérieure, une tête intérieure au mur. C'est le système le plus courant au Québec, le plus abordable et le plus simple à installer. Il convient aux condos, aux bungalows et à toute maison où les pièces de vie communiquent. Une 12 000 BTU couvre environ 500 à 800 pi², une 18 000 BTU environ 800 à 1 200 pi² dans de bonnes conditions.
Le secret, c'est l'emplacement. À Morin-Heights, dans une maison de 1965 chauffée uniquement aux plinthes, on a placé la Goodman G26 de 18 000 BTU au centre de la grande aire ouverte pour qu'elle serve de chauffage principal. Résultat : un confort moderne et une subvention de 2 424 $ en prime. À Sherbrooke, même logique : une Innovair 18 000 BTU positionnée de façon centrale pour une distribution uniforme.
La limite de la murale, c'est la chambre fermée au bout du corridor ou le sous-sol. L'air chaud ne s'y rend pas. C'est là que les plinthes gardent un rôle, ou que la multizone entre en jeu.
La thermopompe multizone : pour les pièces fermées et les étages

Un seul compresseur extérieur, deux ou trois têtes intérieures placées dans les pièces qui en ont besoin, chacune avec son propre contrôle. C'est la solution qu'on propose pour les bungalows avec plusieurs pièces fermées, les maisons à étages et les sous-sols. La Gree Série M est le modèle qu'on installe le plus, en puissances de 18 000 à 36 000 BTU.
Le bungalow de Saint-Jean-sur-Richelieu est un cas d'école : plusieurs pièces bien séparées, donc une seule murale n'aurait jamais suffi. Deux têtes de 18 000 BTU, et chaque zone se contrôle indépendamment. Même recette à Longueuil, avec la facture d'Hydro qui baisse mois après mois.
La thermopompe centrale : seulement si vous avez des conduits
Si votre maison a déjà un réseau de conduits (une vieille fournaise électrique à air pulsé, par exemple), une thermopompe centrale devient l'option la plus confortable : chauffage et climatisation uniformes dans toute la maison, sans unité murale visible. Sinon, un système central complet avec thermopompe et fournaise électrique reste possible, mais c'est un projet à partir de 10 000 $ qu'on réserve aux grosses rénovations.
Pour comparer les trois types de systèmes en détail, consultez notre guide pour choisir la bonne thermopompe au Québec
Votre panneau électrique est-il prêt?
Une thermopompe fonctionne sur le 240 V et a besoin de son propre disjoncteur double, donc de deux espaces libres côte à côte dans le panneau, sur un circuit dédié de 15 à 20 ampères selon le modèle. Une maison chauffée aux plinthes a souvent une entrée électrique déjà généreuse, mais l'espace libre dans le panneau, lui, n'est jamais garanti.
Ouvrez la porte du panneau, sans rien toucher, et regardez le chiffre : 60 A ou 100 A, on est dans la zone grise. Depuis 2018, le Code électrique du Québec exige 200 ampères et 40 circuits pour les nouveaux panneaux résidentiels. Si le vôtre a traversé les années 70 avec des fusibles, une mise à niveau serait de toute façon une bonne idée.
Si ça ne rentre pas, il y a des solutions : remplacer le panneau au complet (entre 1 500 $ et 4 000 $), ajouter un panneau secondaire (250 $ à 800 $) ou réorganiser les circuits pour libérer deux espaces. Le mieux, c'est de vérifier avant de choisir l'appareil. Ça évite les mauvaises surprises et ça permet de budgéter le projet au complet.
Tout ce qu'il faut vérifier est dans notre article sur le panneau électrique et la thermopompe.
Les subventions pour remplacer vos plinthes
Bonne nouvelle : remplacer des plinthes électriques par une thermopompe est précisément le type de projet que le programme LogisVert d'Hydro-Québec veut encourager. Depuis que Rénoclimat ne finance plus les thermopompes, c'est LogisVert qui prend le relais.
Le montant est calculé sur la capacité de chauffage réelle de l'appareil à -8 °C :
- 50 $ par 1 000 BTU/h pour une thermopompe admissible ENERGY STAR
- 120 $ par 1 000 BTU/h pour une thermopompe « climat froid »
- Jusqu'à 6 700 $ selon le modèle et la capacité admissible
Trois conditions à respecter : l'appareil doit figurer sur la liste officielle d'Hydro-Québec, il doit remplacer un système de chauffage existant (vos plinthes cochent la case) et l'installation doit être faite par un entrepreneur détenant sa licence RBQ. Pas de bricole maison, sinon la subvention ne sera pas versée.
Concrètement, la murale Goodman G26 de 18 000 BTU installée à Morin-Heights a donné droit à 2 424 $. Et si vous en profitez pour isoler le grenier ou changer des fenêtres, Rénoclimat peut s'ajouter par-dessus pour ces travaux-là. Les deux programmes se cumulent, tant que c'est pour des travaux distincts.
La paperasse fait peur à bien des gens. Chez nous, on la prépare avec vous. C'est dans notre intérêt autant que dans le vôtre.
Tous les programmes en vigueur cette année sont détaillés dans notre guide complet des subventions rénovation au Québec.
Prix et retour sur investissement
Voici les fourchettes réalistes, installation incluse et avant subvention :
- Thermopompe murale de 12 000 à 18 000 BTU : 3 000 $ à 5 000 $
- Thermopompe multizone (2 à 3 têtes) : à partir de 5 000 $ à 6 000 $
- Thermopompe centrale (conduits déjà en place) : 6 000 $ à 8 000 $
- Système central complet avec fournaise électrique : à partir de 10 000 $
Méfiez-vous d'une murale à plus de 5 000 $ pour une seule unité, ou d'un vendeur qui vous pousse à signer le soir même avec une « promotion » qui expire à minuit. Ces pratiques existent, et elles reposent sur le fait que la plupart des gens ne connaissent pas les vrais prix.
Un exemple de calcul
Prenons un bungalow chauffé aux plinthes. Une murale de 18 000 BTU adaptée au climat froid coûte autour de 4 000 $. La subvention LogisVert ramène la facture à environ 1 600 $ à 2 500 $ selon l'appareil. Avec des économies de 650 à 1 050 $ par année sur le chauffage, l'investissement est remboursé en deux ou trois hivers. Après ça, c'est de l'argent qui reste dans vos poches chaque année, pendant les 15 à 20 ans de vie de l'appareil. Et la climatisation, elle, est gratuite dans le calcul.
Pour éviter les marges abusives, lisez notre article sur les vrais prix des thermopompes au Québec.
Comment ça se passe, du premier appel à la mise en marche
- L'évaluation à domicile, gratuite. Un conseiller regarde la superficie, la configuration des pièces, l'isolation et le panneau électrique. C'est là qu'on tranche entre murale et multizone, qu'on choisit la puissance et qu'on trouve le bon emplacement pour la tête intérieure.
- La soumission. Claire, détaillée, avec l'appareil proposé, la garantie et la subvention estimée. Pas de pression.
- L'installation. Une murale s'installe généralement en une journée. Une multizone de petite ou moyenne envergure aussi, la plupart du temps. L'unité extérieure va sur une dalle ou des supports muraux, les conduits frigorifiques passent par le mur extérieur, et le tout est testé par nos techniciens certifiés.
- La mise en marche et la paperasse. On vous montre comment régler l'appareil et vos plinthes d'appoint, et on prépare le dossier de subvention avec vous.
Et une fois que c'est fait? Un entretien annuel (nettoyage des filtres, inspection des serpentins, vérification du réfrigérant) garde l'appareil efficace pendant 15 à 20 ans. Entre 150 $ et 250 $ par année, bien investis.
D'autres questions sur le chauffage avec une thermopompe? On répond aux plus fréquentes ici.
Prêt à dire bye à vos plinthes?
Remplacer des plinthes électriques par une thermopompe, c'est l'un des rares projets de rénovation qui améliore le confort, ajoute la climatisation et fait baisser la facture en même temps. Avec les subventions actuelles, l'investissement net est rarement aussi bas. Contactez-nous pour une évaluation gratuite et une soumission sans pression. On vous dit l'heure juste sur ce qui convient à votre maison.
Et si vous voulez d'abord voir les modèles qu'on installe le plus souvent, c'est par ici!


